Avec Gilles Bataillon
1er, 3e et 5e mercredis du mois de 17 h à 21 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 29 novembre 2017 au 30 mai 2018
Phénomènes anciens dans les vieilles démocraties occidentales et en Amérique latine, phénomènes réapparus en aval de l’instauration de régimes démocratiques en Amérique latine et au lendemain de l’effondrement de l’empire soviétique, les néo-populismes représentent aujourd’hui des formes récurrentes du politique. L’expression désigne des phénomènes relativement divers mais présents et durablement enracinés tant dans les Amériques comme en Europe, en Asie. L’emploi du terme néo-populiste suggère une ressemblance de ces formes politiques avec les populismes latino américains des années 1930-1950. Les uns comme les autres se caractérisent par des traits semblables : rôle central d’un leader charismatique, nationalisme exacerbé et appel à l’unité du peuple, mise en avant de l’idée d’une nécessaire solidarité par delà les antagonismes sociaux et mépris pour les formes symboliques au cœur de l’expérience démocratique : pluralisme, reconnaissance de la légitimité des conflits, séparation et limitation des pouvoirs.
On se propose de s’interroger sur les liens ambigus qu’entretiennent ces phénomènes politiques avec les formes démocratiques. Nul doute qu’ils aient concouru à une accélération des dynamiques d’égalisation des conditions dans des sociétés marquées par des héritages hiérarchiques pesant sur les dynamiques socio-politiques. Nul doute pourtant que dans leur appel à l’unité du peuple, comme dans la place centrale faite au leadeur, ils aient freiné ou contrecarré la dynamique de séparations des pouvoirs comme la reconnaissance du pluralisme social et politique ou encore ethnique et religieux dans pays autrefois en proie à des régimes autoritaires ou totalitaires. Ils ont enfin contribué au surgissement de bureaucraties parasitaires prétendant incarner une figure nouvelle du peuple. Les douze séances de ce séminaire seront consacrées à une analyse comparative de ces phénomènes à partir d’études de cas nationaux ou régionaux, comme à une discussion des thèses des auteurs se revendiquant des populismes.
Programme :
29 novembre 2017 : Nilüfer Göle (CESPRA-EHESS) & Gilles Bataillon (CESPRA-EHESS), « Passé et présent des populismes ».
6 décembre 2017 : Gilles Bataillon (CESPRA-EHESS), « Néo-populismes latino-américains ».
20 décembre 2017 : Anne Lorraine Bujon (Secrétaire de rédaction Esprit), « Donald Trump ou le retour du refoulé ».
17 janvier 2018 : Moreno Pestaña (Université de Cadiz), « L’expérience du populisme en Espagne ».
31 janvier 2018 : Ahmet Insel (professeur émérite à l’Université de Galatasaray), « Populisme, autoritarisme et autocratie: trois faces du pouvoir en Turquie ».
7 février 2018 : Danilo Martuccelli (Paris Descartes-IUF), « Le populisme et l’ego-peuple ».
21 février 2018 : Nonna Mayer (Sciences Po-Centre d’études européennes), « Ces Français qui votent FN ».
7 mars 2018 : Robert Jansen (Université du Michigan), « Conceptualizing Populism: Lessons from Latin America ».
21 mars 2018 : Phillipe Urfalino (CESPRA-EHESS), « Le populisme raisonné d’Ernesto Laclau et Chantal Mouffe ».
4 avril 2018 : Jutta Scherrer (EHESS), « Poutine et la Grande Russie ».
2 mai 2018 (19h-21h) : Guillaume Duval (Rédacteur en chef Alternatives économiques), « Le programme de Jean-Luc Mélenchon est-il crédible ? ».
16 mai 2018 : Gilles Bataillon (CESPRA-EHESS) « Conceptions de l’histoire et du conflit chez Jean-Luc Mélenchon »
30 mai 2018 : Nilüfer Göle (CESPRA-EHESS) & Gilles Bataillon (CESPRA-EHESS) « Conclusions ».